Antigel de plomberie : où en mettre (siphons, toilettes, drains)
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La plomberie du chalet est vidangée, les robinets sont ouverts, et il reste une question : où mettre l’antigel? Un siphon qu’on oublie, c’est un drain fendu ou une toilette craquée au printemps.
L’antigel ne remplace pas la vidange. Il protège les endroits qui doivent garder du liquide : les siphons, le fond des toilettes et les drains. Voici lesquels, avec quel produit, et où ne jamais en verser.
Ce qu’il faut faire, étape par étape
1. Choisissez le bon produit
Achetez un antigel conçu pour la plomberie ou pour les véhicules récréatifs, identifié comme tel sur l’étiquette. Ces produits sont généralement à base de propylène glycol.
N’utilisez jamais d’antigel pour auto. Il est à base d’éthylène glycol, une substance dont Santé Canada rappelle que l’ingestion cause des effets toxiques graves. Il n’a rien à faire dans un drain relié à une fosse septique ou près d’un puits.
Lisez l’étiquette : certains produits se vendent prêts à l’emploi et ne se diluent pas. Rangez les contenants hors de portée des enfants et des animaux.
2. Les siphons des éviers et des lavabos
Le siphon, c’est la section en forme de U sous l’évier. Il reste plein d’eau pour empêcher les odeurs d’égout de remonter, et c’est justement cette eau qui gèle. Une fois la plomberie vidangée, versez lentement de l’antigel dans chaque évier et chaque lavabo, assez pour remplacer l’eau du siphon. Pas plus.
3. Les douches et les bains
Même principe : le drain de la douche et celui du bain ont un siphon sous le plancher. Versez l’antigel directement dans le drain.
4. Les toilettes
Tirez la chasse avec la valve principale fermée, puis épongez l’eau qui reste au fond du réservoir et de la cuvette. Versez ensuite de l’antigel dans la cuvette pour que le siphon de la toilette reste protégé. Pour le réservoir, demandez à votre plombier s’il convient d’en mettre un peu au fond, selon le modèle.
5. Les drains de plancher
Le drain du sous-sol, de la buanderie ou de la chaufferie a lui aussi un siphon. S’il s’assèche ou s’il gèle, les odeurs remontent ou le drain peut fendre. On y verse de l’antigel, lentement.
6. Le tuyau de renvoi de la laveuse
Le tuyau vertical où se déverse la laveuse a un siphon au bas. Versez de l’antigel dedans. Pour la laveuse elle-même, et pour le lave-vaisselle, suivez le guide d’hivernage du fabricant : certains prévoient de l’antigel, d’autres non.
7. Notez ce que vous avez fait
Une liste simple, affichée près de la valve principale : quels siphons, quelles toilettes, quel produit, quelle date. Elle servira à la personne qui passe l’hiver, et à l’ouverture du printemps.
Où ne jamais en mettre sans un plombier
- Dans les tuyaux d’eau potable. Certains plombiers en utilisent pour protéger un réseau difficile à vidanger, puis rincent à fond au printemps. C’est leur travail, pas une étape à improviser.
- Dans un chauffage à eau chaude. Plinthes à eau et planchers radiants utilisent des produits et des proportions propres au système. Seul le technicien qui l’entretient y touche.
- Dans le puits ou le réservoir sous pression.
- Dans la fosse de la pompe de puisard. Ce n’est pas un siphon : l’eau qui y arrive est pompée dehors.
- Dans une fosse de relevage d’eaux usées. Demandez à votre plombier.
Pourquoi ça compte dans un chalet des Cantons-de-l’Est
Les siphons sont souvent dans les endroits froids. Un chalet agrandi par étapes à Sutton, à Dunham ou à Potton a parfois une salle de bain au-dessus d’un vide sanitaire, ou un drain de plancher contre un mur de fondation. Ce sont les premiers endroits à geler dans une maison non chauffée.
La fosse septique reçoit tout. Au printemps, l’antigel des siphons et des toilettes se retrouve dans la fosse. D’où deux règles simples : un produit conçu pour la plomberie, et la quantité nécessaire, pas davantage. Si vous avez un doute sur votre installation, renseignez-vous auprès de votre municipalité ou de l’entreprise qui la vidange.
L’hiver alterne gel et redoux. Un siphon qui gèle une fois ne fend pas toujours. Mais d’un cycle à l’autre, le risque se répète tout l’hiver.
Ce que vous pouvez faire, et ce qui revient au plombier
Ce que le propriétaire peut faire lui-même :
- Acheter le bon produit et lire l’étiquette.
- Verser l’antigel dans les siphons des éviers, douches, bains, drains de plancher et renvoi de laveuse.
- Vider les toilettes et protéger la cuvette.
- Tenir une liste de ce qui a été fait.
- Au printemps, faire couler l’eau dans chaque drain une fois l’eau remise en service.
Ce qui revient à un entrepreneur licencié RBQ :
- La vidange complète de la plomberie avant l’antigel.
- Toute protection des tuyaux d’eau potable par antigel, et leur rinçage.
- Le chauffage à eau chaude, le puits, la fosse de relevage.
- La remise en eau au printemps, si la maison a été vidangée par un plombier.
Vérifiez la licence d’un entrepreneur au registre de la Régie du bâtiment du Québec. Pour la vidange elle-même, voyez vidanger la plomberie d’un chalet pour l’hiver, étape par étape.
Dans une maison vide, combien de temps avant qu’on s’en aperçoive?
Un siphon oublié ne se voit pas. La toilette qui fend dans une maison fermée ne coule pas beaucoup : sans eau sous pression, le dégât reste souvent limité, mais il se découvre au printemps, avec l’odeur d’égout et la réparation à faire avant de pouvoir utiliser le chalet.
Le vrai risque vient d’ailleurs : si quelqu’un rouvre l’eau par erreur, ou si une valve laisse passer un filet d’eau, une maison vidangée se remplit à nouveau sans que personne le sache. C’est la fréquence des passages qui fixe la durée maximale d’un dégât.
Ce qu’on regarde lors d’un passage
À chaque visite, on vérifie que la valve principale est toujours dans la position convenue, on ouvre les armoires sous les éviers et on regarde derrière la laveuse, on regarde chaque toilette (niveau dans la cuvette, glace, antigel toujours présent), et on passe la lampe de poche sur le plancher et le bas des murs du sous-sol, autour des drains. Chaque constat est photographié et horodaté dans le rapport.
Si quelque chose cloche, on vous appelle le jour même, photos à l’appui. Au besoin, on reçoit sur place un plombier licencié RBQ et on documente son travail.
Sources
- Santé Canada — Éthylène glycol : évaluation d’une substance dangereuse
- Québec.ca — Panne de courant : quoi faire avant, pendant et après
- Québec.ca — Installations privées d’eaux usées
- CMMTQ — pourquoi faire affaire avec un membre (plomberie et chauffage)
- Régie du bâtiment du Québec — vérifier la licence d’un entrepreneur