Poêle à bois dans un chalet inoccupé : ne jamais compter dessus
Mis à jour le
Le poêle à bois, c’est l’âme du chalet : la flambée du vendredi soir, la chaleur qui envahit la pièce en quelques minutes, la tranquillité quand le courant manque. Mais le dimanche, quand vous refermez la porte pour la semaine, il ne peut plus rien pour la maison. Un chalet vide l’hiver doit être protégé par un chauffage qui fonctionne sans personne.
Ce qu’il faut faire avant de quitter le chalet
1. Laissez le feu s’éteindre complètement avant de partir
Ne partez jamais avec un feu en train de brûler, même au ralenti, même porte fermée. Arrêtez d’ajouter du bois bien avant votre départ et assurez-vous qu’il ne reste plus de flamme.
2. Traitez les cendres comme si elles étaient encore chaudes
Les braises peuvent rester chaudes longtemps. Québec.ca demande de vider les cendres dans un contenant métallique à fond surélevé muni d’un couvercle métallique, déposé dehors sur une surface incombustible, à au moins un mètre de tout objet, de la maison, de la galerie et du bois cordé — et d’attendre au moins sept jours avant de les transvider ailleurs. Jamais dans une poubelle, un sac ou une boîte de carton.
3. Vérifiez que le chauffage principal est en marche
Avant de fermer la porte, confirmez que les plinthes, la fournaise ou la thermopompe chauffent vraiment, à la consigne recommandée par votre plombier ou votre assureur. C’est ce chauffage-là qui protège la maison pendant la semaine, pas le poêle.
4. Fermez la clé ou la prise d’air selon le fabricant
Une fois le feu complètement éteint et refroidi, suivez les instructions du fabricant du poêle pour la prise d’air et, s’il y en a une, la clé de cheminée. Ne fermez rien tant qu’il reste des braises : le monoxyde de carbone doit pouvoir s’échapper.
5. Testez les avertisseurs
Appuyez sur le bouton de test de l’avertisseur de fumée et de l’avertisseur de monoxyde de carbone : Québec.ca recommande de le faire chaque mois. Remplacez les piles au besoin. Un chalet où l’on fait des feux doit avoir les deux, l’avertisseur de monoxyde de carbone dans la pièce où se trouve l’appareil et près des chambres.
Pourquoi on ne peut pas compter sur un poêle pour un chalet vide
Il ne s’alimente pas tout seul. Un poêle chauffe tant qu’on y met du bois. Une fois la charge consumée, il refroidit, et la maison avec lui. Aucun poêle à bois ne peut maintenir une température pendant des jours sans quelqu’un pour l’alimenter.
Un feu que personne ne regarde est un risque d’incendie. Une bûche qui roule contre la vitre, une porte mal fermée, une accumulation de créosote qui s’enflamme dans la cheminée : ces choses arrivent aussi quand quelqu’un est là, mais personne n’est présent pour réagir dans un chalet vide.
La chaleur est concentrée. Un poêle réchauffe très bien la pièce où il se trouve, beaucoup moins le sous-sol, la salle de bain du fond ou le vide sanitaire — c’est-à-dire les endroits où passent les tuyaux qui gèlent.
La cheminée travaille plus fort qu’on le pense. Le bois humide et les feux au ralenti favorisent la créosote. Québec.ca recommande de faire ramoner la cheminée au moins une fois par année, de préférence au printemps, et rappelle qu’aucune bûche ni aucun additif ne remplace un ramoneur professionnel. Dans les chalets des Cantons, où l’on fait souvent de longs feux de fin de semaine avec du bois de la terre pas toujours bien sec, le ramonage n’est pas un détail.
Les réalités de la montagne. À Sutton, à Potton, à Abercorn, beaucoup de propriétaires comptent sur le poêle pendant les pannes d’Hydro-Québec. C’est un excellent plan quand vous êtes sur place. Quand vous êtes à Montréal, la panne arrête le chauffage principal, et le poêle, lui, est froid.
Votre assureur voudra peut-être le savoir. Déclarez l’appareil à votre courtier — type, installation, ramonage — et gardez les preuves d’installation et d’entretien. Ce qui est demandé varie d’un assureur à l’autre.
Prévenir : ce que vous pouvez faire, et ce qui revient aux professionnels
Ce que le propriétaire peut faire lui-même :
- Brûler du bois sec, entreposé à l’abri et à distance de la maison.
- Faire ramoner la cheminée au moins une fois par année par un ramoneur qualifié, et garder la facture.
- Garder un contenant métallique à couvercle pour les cendres, et un extincteur accessible.
- Installer et tester des avertisseurs de fumée et de monoxyde de carbone.
- Garder la sortie de cheminée et les évents dégagés de neige.
Ce qui revient aux entrepreneurs et professionnels :
- Installer ou remplacer un poêle ou une cheminée, selon les instructions du fabricant et la réglementation applicable.
- Vérifier l’état de la cheminée et de ses joints après un feu de cheminée ou un hiver chargé.
- Ajouter un chauffage principal fiable là où le poêle était la seule source de chaleur (entrepreneur licencié RBQ, maître électricien pour les circuits).
Dans une maison vide, combien de temps avant qu’on s’en aperçoive?
Si le chauffage principal lâche pendant la semaine, le poêle n’y changera rien : la maison refroidit comme si elle n’en avait pas. Une panne, un disjoncteur qui saute, un réservoir de propane vide, et le froid gagne d’abord le sous-sol et les murs extérieurs. Personne ne le voit avant le prochain passage.
C’est la fréquence des passages qui fixe combien de temps un chalet peut rester sans chauffage sans que personne le sache. Si votre police prévoit des conditions pour une maison inoccupée, relisez-les ou demandez à votre courtier : elles varient d’un assureur à l’autre.
Ce qu’on regarde lors d’un passage
On n’allume pas le poêle et on n’y touche pas. À chaque visite, on lit la température au thermostat principal et on la compare à la consigne convenue, on lit le thermomètre laissé dans la pièce la plus froide, et on vérifie que le chauffage principal fonctionne. On vérifie le voyant et le signal de pile des avertisseurs de fumée et de monoxyde de carbone, et dehors, que les sorties d’évacuation au mur sont dégagées de la neige.
Si le chauffage ne tient pas ou si un avertisseur signale un problème, on vous appelle le jour même avec les photos, et on fait venir un entrepreneur licencié RBQ au besoin. En cas d’odeur de fumée ou d’alarme, c’est le 911 d’abord.