Souris dans le chalet fermé : par où elles entrent, et quoi faire
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Vous ouvrez le chalet un vendredi de novembre, et il y a des crottes noires dans le tiroir à ustensiles et le long des plinthes de la cuisine. Un sac de riz oublié est percé. Les souris sont entrées pendant que la maison était fermée — voici quoi faire, dans l’ordre.
Ce qu’il faut faire tout de suite
1. Aérez avant de nettoyer
Ouvrez les portes et les fenêtres pour laisser l’air circuler un moment avant de commencer. Les excréments, l’urine et la salive de rongeurs peuvent transporter des virus, dont le hantavirus, qui se transmet surtout en respirant des poussières contaminées. L’Agence de la santé publique du Canada demande justement de ne pas soulever cette poussière.
2. Ne balayez pas et ne passez pas l’aspirateur à sec
C’est l’erreur la plus courante, et l’Agence de la santé publique du Canada la nomme explicitement : balayer ou passer l’aspirateur met les particules en suspension dans l’air. Portez plutôt des gants de caoutchouc ou de plastique, vaporisez les crottes, les nids et les surfaces autour avec un désinfectant — ou un mélange d’une partie d’eau de Javel pour neuf parties d’eau — laissez agir dix minutes, puis essuyez avec des essuie-tout. Jetez-les dans un sac fermé. Lavez les surfaces, puis vos mains.
Si l’infestation est importante, dans un espace fermé comme un vide sanitaire ou un entretoit, confiez le nettoyage à un professionnel.
3. Vérifiez les fils et les cordons
Les souris rongent tout, y compris la gaine des fils électriques. Regardez les cordons des appareils, derrière la cuisinière et le réfrigérateur, et les fils visibles au sous-sol. Si vous voyez un fil rongé, sentez une odeur de brûlé ou entendez un grésillement : ne rebranchez rien, et faites évaluer par un maître électricien. Un fil dénudé est un risque d’incendie.
4. Retirez ce qui les attire
Toute la nourriture dans des contenants de verre ou de métal, ou rapportée en ville. Les graines pour oiseaux, la nourriture d’animaux, les chandelles et les savons aussi. Videz les poubelles et ne laissez rien sous l’évier.
5. Posez des pièges — et évitez le poison dans un chalet fermé
Des pièges mécaniques le long des murs, là où vous voyez des crottes, sont un bon premier moyen. Le poison, dans une maison qu’on ferme, pose un problème : la souris meurt souvent dans un mur ou sous un plancher, et l’odeur vous attend à la prochaine visite. Les appâts sont aussi dangereux pour les animaux domestiques.
6. Cherchez par où elles entrent
C’est l’étape qui règle le problème à long terme. On en parle plus bas.
7. Appelez un exterminateur si ça persiste
Si les crottes reviennent malgré les pièges, si vous en trouvez dans plusieurs pièces ou dans l’entretoit, faites appel à une entreprise de gestion parasitaire qui détient les permis requis au Québec pour utiliser des pesticides.
Pourquoi ça arrive, surtout dans un chalet des Cantons
À l’automne, les souris cherchent un abri. Quand le froid arrive, les souris des champs et des bois se rapprochent des bâtiments. Un chalet chauffé au minimum, calme et plein de recoins, est un abri idéal.
Une maison vide ne les dérange pas. Pas de bruit, pas de mouvement, pas de chat. Elles s’installent, font leurs nids dans l’isolant ou les tiroirs, et se reproduisent sans être dérangées.
Elles passent par des ouvertures étonnamment petites. Santé Canada le chiffre ainsi : une souris se faufile dans une fissure à peine plus large qu’une pièce de dix cents. Les entrées habituelles :
- l’espace sous une porte extérieure ou une porte de garage mal ajustée;
- les passages de tuyaux, de fils et de la sortie de sécheuse à travers le mur;
- les fissures dans la fondation et le joint entre la fondation et le bois;
- les soffites et le bas du revêtement abîmés;
- les évents sans grillage ou avec un grillage percé;
- la cheminée ou le foyer sans capuchon.
Les chalets des Cantons ont souvent du vécu. Les chalets de bois de Sutton, de Frelighsburg ou de Potton, agrandis au fil des ans, ont des joints entre les sections, des vides sanitaires et des passages de tuyaux ajoutés après coup. Autant de portes d’entrée, et les bois et les champs autour en fournissent les visiteurs.
Prévenir : ce que vous pouvez faire, et ce qui revient au professionnel
Ce que le propriétaire peut faire lui-même :
- Faire le tour de la maison à l’automne avec une lampe de poche et noter chaque ouverture.
- Boucher les petits trous avec de la laine d’acier avant de recouvrir de scellant, et grillager d’un fin treillis métallique la sortie de sécheuse et les évents, comme le recommande Santé Canada : les souris rongent la mousse seule.
- Installer un bas de porte étanche sur les portes extérieures.
- Ranger les aliments secs et la nourriture pour animaux dans des contenants de métal ou de verre avant de fermer le chalet, et remporter le reste.
- Couper la végétation et éloigner le bois de chauffage des murs.
Ce qui revient au professionnel :
- Traiter une infestation avec des pesticides : une entreprise de gestion parasitaire qui détient les permis requis.
- Réparer les soffites, le revêtement ou une fondation fissurée : un entrepreneur licencié RBQ.
- Réparer ou remplacer des fils rongés : un maître électricien.
- Nettoyer un entretoit ou un vide sanitaire contaminé et remplacer l’isolant souillé.
Dans une maison vide, combien de temps avant qu’on s’en aperçoive?
Dans un chalet fermé, personne ne voit les premières crottes. Les souris ont tout le temps de s’installer, de ronger l’isolant, les emballages et les fils. Si le prochain passage est dans trois semaines, c’est trois semaines de nids, de dégâts et, parfois, de fils rongés derrière un appareil.
Remarquer les premières traces tôt, c’est pouvoir poser des pièges et boucher l’entrée avant qu’une petite visite devienne une colonie. Si l’assurance est en jeu, demandez à votre courtier : les dommages causés par la vermine sont souvent traités à part.
Ce qu’on regarde lors d’un passage
À chaque visite, on regarde le long des plinthes, dans les armoires, les tiroirs et près des sources de chaleur pour repérer des crottes nouvelles. On note les emballages percés, l’isolant visible arraché et les cordons rongés, et on sent les odeurs électriques dans chaque pièce. On note l’état des pièges que vous ou votre exterminateur avez posés, sans ajouter d’appât sans votre accord. Dehors, on regarde les soffites, le bas du revêtement et la fondation. Chaque constat est photographié et horodaté dans le rapport.
Si quelque chose cloche, on vous appelle le jour même, photos à l’appui. Au besoin, on reçoit sur place un exterminateur, un électricien ou un entrepreneur licencié RBQ, et on documente leur travail.